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Cristobal dormira pour mille ansVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

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Patient semi-interne
Messages : 28
Profession : Etudiant endormi dans l'onéyrn.
Avatar : Original de Re°.

MessageSujet: Cristobal dormira pour mille ansVen 1 Aoû 2014 - 22:57



















cristobal antler
NOM : Antler.
PRÉNOM(S) : Cristobal.
ÂGE : 19 ans.
DATE DE NAISSANCE : 20 janvier 165 ES.
MÉTIER : Lycéen lorsqu'il s'est endormi.
GROUPE : Patient semi-interne.
MAIN : Gaucher.
SIGNE DISTINCTIF : Paraplégique.
Derrière les façades

Doux comme l'agneau qui peuple ses rêves

Cristobal dort.
Cristobal dort depuis bientôt trois ans et n’a pas une seule fois ouvert les yeux. Cristobal s’est un beau jour allongé dans l’onéyrn à la demande des adultes qui l’entouraient et ne s’est plus jamais réveillé. Émerveillé par les innombrables possibilités qui s’offraient à lui, il a rendu sa conscience plus forte que n’importe quel code informatique et s’est enfermé dans les rêves, sans un seul regard en arrière pour la réalité. On a tenté de le réveiller, plus d’une fois, mais sa colère et sa force d’esprit ont mené toute tentative à l’échec.
La réalité était cruelle avec Cristobald. Sans lui demander son avis, sans donner d’avertissement, elle lui avait volé ses jambes. L’onéyrn les lui avait rendu, et Cristobal ne voulait plus les quitter. Plus jamais.

Cristobal est l’adolescent le plus doux et le plus gentil que l’on puisse rencontrer. Il a toujours sur ses lèvres ce sourire entre l’affection sincère et la tristesse refoulée, et ce regard aussi protecteur que lointain. Cristobal n’a pas supporté qu’on lui vole ses membres, mais Cristobal n’a jamais rien dit ; il n’est pas de ces gens qui inquiètent les autres. Il garde tout au fond de lui, comme un foetus qui croie sans jamais naître.
Cristobal exécre le conflit. Il était toujours celui qui s’interposait pour calmer les tensions, qui récoltait un coup perdu et qui s’évertuait à trouver les mots justes pour désamorcer les bombes de colère de son entourage. Cristobal est patient pour bien des choses, mais surtout dans la réflexion. Il ne parle pas sans être sûr de ce qu’il va dire, et choisit avec soin l’intonation de chaque terme pour se faire comprendre.
Oui, Cristobal sait prendre son temps. Il sait que rien n’arrivait tout cuit dans le bec et qu’il faut provoquer les événements, à son rythme, pour avancer serein. Pourtant, il n’a jamais voulu provoquer son handicap. On ne lui a pas laissé le temps de se préparer. On le lui a imposé sans crier garde.

Cristobal n’a jamais eu de mal à se faire des amis. Il a le contact facile. Certains lui trouvent un air de petit frère à protéger, d’autre de camarade à l’écoute, et simplement quelqu’un d'infiniment apaisant par toute cette tranquillité qui émane de lui.
On le charrie, parfois, parce qu’il se perd dans ses pensées, longtemps, en oubliant tout de ce qui se passe autour de lui ; on en profite pour lui tirer les joues, lui ébouriffer les cheveux ou lui piquer son dernier biscuit. On s’amuse parfois aussi de le voir se concentrer fixement sur des choses insignifiantes, de le regarder chercher un mot précis en contemplant le vide, ou de sa manie de tresser les cheveux lorsque par malheur, l’ennui vient à lui.

Cristobal n’est pourtant pas toujours un être docile et aimable. On lui note des défauts qu’il est le premier à abhorrer ; mais Cristobal ne se sent pas de taille pour lutter contre ses vices. Il se sait possessif, un peu trop. Il n’aime pas partager ses amis, sa famille, ses objets, et tout ce qu’il estime lui appartenir, de façon générale. De là est né un grand sentiment de jalousie : Cristobal n’a pas besoin de se sentir aimé, mais ne supporte pas se sentir délaissé. Il a toujours eu peur qu’on lui tourne le dos et qu’on l’abandonne. Des peurs non fondées, car Cristobal a toujours été bien entouré.
Cristobal s’énerve parfois, aussi. Il s’est déjà disputé avec ses proches. Il ne supporte pas qu’on l’étouffe sous de petites attentions sous prétexte de son apparence un peu fragile, renforcée par sa paraplégie. Cristobal ne se juge pas vulnérable. Cristobal n’accepte pas le fait qu’il a besoin des autres pour s’en sortir.
Cristobal est franc, mais il connaît mal la frontière entre l’honnêteté et la cruauté. Il a déjà blessé, et blessera encore, sans le vouloir, et sans comprendre son erreur. Cristobal peine pourtant à être franc avec lui-même ; et, au fond de lui, il espère encore un jour se réveiller capable de marcher.
Les mémoires d'un Ephialte

Un jour, la Terre est morte. Un jour, les enfants de l'exode sont nés.

Ce jour-là, Cristobal bouillonnait d’impatience. Il allait voir le match de volley-ball des lycéens, et ça, c’était le truc le plus cool qui lui était arrivé, depuis son gros gâteau au chocolat, pour son anniversaire ; parce que oui, Cristobal avait fêté ses huit ans, et ça, c’était quand même génial. Le volley-ball, c’était son sport préféré, et quand il serait plus grand, lui aussi participerait à pleins de match. Ce serait le héros de la colonie ! Il l’avait dit, à ses parents. Ils en riaient et lui disaient de commencer par finir ses légumes, parce qu’aucun grand champion ne tremblait devant une feuille de chou rouge.
Cristobal avait tout fait pour prouver à ses parents qu’il était grand, maintenant, pour pouvoir aller tout seul au gymnase acclamer les joueurs. Ce n’était pas vraiment dans ses habitudes, d’être aussi persuasif et survolté, mais voilà, il était petit, et passionné, et de toute façon il n’avait pas à se justifier, parce que c’était l’événement de l’année à ses yeux. Il y avait des échanges fulgurants, des feintes, des services incroyables, de la tension…

Puis des cris. Des bruits d’explosion. Des ordres d’évacuation. Cristobal ne comprenait rien. Qu’il y avait-il à comprendre ? C’était le plus beau jour de sa vie, et on entendait déjà sur tous les postes de radios que cela virait au cauchemar. Des miliciens ordonnaient de rester calme, de quitter le bâtiment par les issues de secours, que la situation était sous contrôle. Cristobal suivit le mouvement, sans comprendre. Un peu plus loin, il y avait de la fumée, des sirènes, des sanglots. Il entendit d’autres bruits sourds de bâtiments qui s’effondrent et la colonie sous ses pieds trembla. Il cherchait ses parents, parce qu’il n’était pas un si grand garçon que ça et qu’il avait peur.
Puis il y eut une autre déflagration. Cristobal perdit connaissance au milieu d’une tornade de panique.

***
Cristobal n’avait jamais aimé l’hôpital. Il y était allé, une fois, parce qu’il s’était cassé une jambe en jouant. Il n’était pas très turbulent, mais ces choses-là arrivaient. L’hôpital, ça sentait mauvais, c’était tout blanc, les adultes y parlaient avec des mots bizarres qu’il ne comprenait pas.
Cristobal ne comprit pas non plus pourquoi il s’était réveillé à l’hôpital ; mais il y avait ses parents avec lui, alors ce n’était pas si mal. Il avait un peu mal à la tête, des écorchures, mais il était vivant, non ? On lui expliqua rapidement qu’un méchant monsieur avait posé des bombes, comme dans les films, mais que maintenant, ça allait mieux. Mais si tout allait bien, maintenant, pourquoi le docteur demandait à parler en privé à ses parents ? Pourquoi est-ce qu’ils discutaient tout bas dans le couloir ? Pourquoi ses parents pleuraient ?
Cristobal voulut les rejoindre. Il tenta de descendre du lit. Bizarrement, ses jambes refusèrent de bouger.

Bizarrement, ses jambes ne bougèrent plus jamais, et il ne devint jamais le héros de la colonie.

***

Oui, il allait bien. Non, il n’avait pas besoin d’aide, c’était bon. Non, il n’avait ni chaud, ni froid, et oui, il était très bien installé. Non, il n’avait mal nul part et n’était pas malade. Non, ce livre n’était pas trop lourd et non, le bouton de la lampe de chevet n’était pas trop loin. Non, il n’aurait pas besoin d’aide durant son sommeil, il dormirait, comme n’importe qui, et ferait de jolis rêves, comme tout le monde ; non, il ne faisait plus de cauchemars sur le jour de l’attentat, c’était bon. Il était grand maintenant, il comprenait. Il avait douze ans. Au bout de quatre ans, quand même, il était habitué, c’était bon.

- Laisse-moi, maman, je me débrouille très bien tout seul !

Cristobal jeta un regard blessé à sa mère. Il n’aimait pas cette expression sur son visage lorsqu’elle le regardait. Toute la pitié du monde. Un sentiment d’échec en tant que parent, sans doute. Un besoin viscéral de se rattraper. Cristobal ne supportait pas ça ;  mais il avait l’habitude. C’était comme ça tous les soirs.

***

La foule acclama l’équipe qui venait de remporter le match. Des gens se levèrent, d’autres applaudirent, il y avait des cris et des encouragements. Pas de peur ni d’explosions, cette fois. Cristobal, dans les gradins, n’arrivait pas vraiment à se réjouir. Il avait treize ans, maintenant. Lui aussi aurait pu participer à un match entre collégiens, si rien de ce qu’il avait vécu n’était arrivé. Si l’on n’avait pas transféré ce fou sur EPHIALT-9. Si cette ordure n’était pas née, tout simplement.

Cristobal serra le poing. La vie était injuste.

***

Ce que Cristobal aimait, avec ses amis, c’était qu’ils ne le regardaient pas avec tristesse, comme ses parents. Eux l’avaient toujours connu comme ça, pour la plupart, alors c’était naturel. Avec eux, il était un adolescent comme les autres. Un peu hésitant, parfois, et pas toujours très à l’aise, mais ça allait. Il y avait pire. On aurait pu l’isoler, se moquer de lui. Il n’en était rien. Le plus embêtant, c’était de réfléchir à un projet d’avenir. La seule chose que Cristobal désirait réellement, c’était marcher.

***
Cristobal détestait se rendre à l’Institut. Le psychologue ne posait que des questions stupides, depuis le premier jour. Il ne comptait plus le nombre de fois où cet homme lui avait demandé si il vivait bien sa condition. Bien sûr que non. Si il avait des regrets. Bien sûr que oui. Si il désirait retrouver l’usage de ses jambes. Évidemment ! Cette discussion, c’était la même depuis huit ans. Cristobal amorça son départ.

- Il existe un moyen.

Cristobal se figea.

- Tu connais l’onéyrn ?

***

Cristobal connaissait les risques. Il pouvait y croiser la source de tous ses malheurs ; cet homme était un sujet d’étude, lui aussi. Il pouvait devenir fou. Il pouvait devenir suicidaire. Il pouvait vouloir ne jamais se réveiller.
Ils étaient stupides, ces scientifiques. Ils auraient dû comprendre que Cristobal ne se réveillerait jamais.
Parce que Cristobal pouvait enfin marcher.
Parce que Cristobal dort et marche depuis trois ans.
Parce qu’on ne lui volera pas ses jambes une seconde fois.
Pseudo habituel : Cristobal ira très bien !
Âge : Gardons du mystère soldat.
Un premier avis sur le forum ? Il est bô *minute vantarde*
Une requête ? Plus de chatons. Toujours plus !
« Il est dit que seul le baiser d'un prince pourrait le sortir de son éternel sommeil... »

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Profession : PNJ de la colonie à plein temps.

MessageSujet: Re: Cristobal dormira pour mille ansDim 10 Aoû 2014 - 21:08

Tu es des nôtres !

Bravo, tu es validé ! Pondre la fiche aura été longue, mais la fin est enfin là.

Maintenant tu peux faire aller réserver ton avatar dans le bottin) pour qu'il n'appartienne qu'à toi, puis aller entretenir des liens avec les autres Ephialtes. N'hésite pas non plus à demander un RP. Puis tu peux aussi nous rejoindre au café du coin ou sur la chatbox ; et si tu as des questions, c'est toujours du côté du bar des voyageurs. Bon séjour parmi nous !


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