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La vie est une partie de roulette russeVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

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Civil
Messages : 28
Profession : Etudiant qui bosse où il peut pour payer ses études.
Avatar : Rokudo Mukuro

MessageSujet: La vie est une partie de roulette russeLun 4 Aoû 2014 - 10:55



















Lies Milos
NOM : Milos
PRÉNOM(S) : Lies, Matthew de son vrai prénom
ÂGE : 23 ans
DATE DE NAISSANCE : 15 janvier 161
MÉTIER :Il effectue divers petits jobs pour payer ses études de journaliste.
GROUPE : Civil
MAIN : Droitier, même si de par ses nombreuses activités il use souvent de ses deux mains
SIGNES DISTINCTIFS : Lies a les yeux vairons. Il ne supporte pas les contacts physiques, ni être exposé nu. Son véritable prénom est connu de ses proches et de son psy uniquement. Il est suicidaire. Lies est allergique à la lavande, et a la phobie du sang, il tourne de l'oeil dès qu'il en sent l'odeur, en voit, ou en a dans la bouche.
Derrière les façades

Le monde est un menteur : il nous promet des plaisirs et il ne donne que des peines.

Dossier n°125-8, Matthew Milos, dit "Lies", par Camille Domeka.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, mon patient ne souffre pas de dédoublement de la personnalité. Il n'y a pas d'un côté Matthew et de l'autre Lies. Les deux sont une seule et même personne. Il est logique de penser que Lies est "né" pour faire face à la mort de ses parents qu'il ne pouvait comprendre. Et même en grandissant, même après avoir compris les tenants et aboutissants du drame qui a marqué sa vie, mon patient n'a jamais réussi à abandonner cet autre lui qu'il a créé pour affronter la vie. Sans doute est-il rassurant. Bien que cela ressemble à des troubles de la personnalité, il n'en est rien. Lies a le même passif que Matthew, et j'en suis certain, de grandes similitudes de caractère. De ce dernier point je ne peux être certain car dès qu'il est en ma présence, il est sur la défensive, se braque. Sa grand-mère en revanche me parle souvent de son comportement en dehors de mon cabinet.

Pour qui ne le connait pas, il est impossible de deviner quoi que ce soit. Lies est un homme souriant, poli, jovial, il a de la conversation et mène une vie des plus ordinaires. Il fait preuve d'une extrême retenue dans tout ce qu'il fait. Je ne l'ai jamais vu exprimer la moindre émotion dans l'excès, que ce soit la tristesse ou la joie, la colère ou l'amour. Jamais le moindre fou rire, jamais de ton qui se hausse, il est d'un calme qui en serait effrayant s'il n'était aussi apaisant.

Dans l'ensemble c'est un homme dont la compagnie est très agréable. Il s'intéresse à tout, mais ne supporte pas d'être l'objet de l'attention des autres. Lorsqu'on le questionne sur lui, son ressenti, son passé, parfois ses goûts, il reste évasif. J'ignore si c'est parce qu'il ne sait pas quoi répondre, ou parce qu'il se heurte aux limites de ce personnage qu'il joue.

***

Nous sommes tous des menteurs. Notre vie de tous les jours est parsemée de mensonges, petits et grands. Lorsque l'on salue sa voisine en la complimentant sur son physique alors qu'elle est hideuse. Lorsqu'on fait semblant d'écouter son conjoint. Lorsqu'on dit à son enfant qu'on l'emmène manger une glace alors qu'il va chez le dentiste.
Ma vie à moi est un mensonge depuis cette nuit de mes huit ans. Cette nuit là voyez-vous, je suis mort. Pas physiquement comme je l'aurais voulu aujourd'hui, mais mentalement. Les gens de l'Institut ont raison de centrer leurs recherches sur le cerveau humain, il est stupéfiant. Ce soir là vous disais-je, je suis mort. Un inconnu avait emporté mes parents, mais m'avait épargné moi. « Pitié », dit-on dans ces cas. Où est la pitié quand votre monde s'écroule ? « Il a épargné l'enfant » pouvait-on lire dans les journaux. Comme si cet acte faisait de ce monstre quelque chose de plus proche d'un être humain. Oh comme j'aurais voulu qu'il m'achève moi aussi, plutôt que de me laisser agoniser. Car c'est ce que je suis depuis tout ce temps : une bête à l'agonie qui aspire à ce qu'on abrège ses souffrances. Si je pouvais, j'aurais alors terminé le travail moi-même.

Mais je ne peux pas.

Car dans ma vie il reste une personne qui s'accroche à moi comme je m'accroche à elle. Ma grand-mère. Elle est mon ultime souffle de vie. Et lorsqu'elle rendra le sien, alors le mien s'envolera à son tour. Pour elle, il me faut vivre. Alors je fais semblant.
Je souris, je ris, je parle, j'écoute, j'aime ce qui est facile à laisser derrière soi. La musique et le dessin sont ce qui s'approchent le plus de mes passions. La cuisine et le sport sont de saines occupations. J'étudie car je ne peux rester à attendre. Je travaille pour faire comme tout le monde. Je fais mes courses, je fais la fête, je fais semblant. Sans cela, on m'enfermerait à l'Institut.

Les gens ne comprennent pas, et ne veulent pas comprendre. La vie est belle, la vie est merveilleuse. Il est impensable d'aspirer à la quitter.

La vie est une chienne. La vie est une menteuse. Alors je suis pire menteur qu'elle.

Je suis gentil, je rends service, tant qu'on ne me pose pas de question, tant qu'on ne cherche pas à soulever mon masque. Il colle tellement à ma peau que personne ne le remarque. « Lies ? C'est étrange comme prénom. » C'est le mien, celui que j'ai choisi, et il me va à merveille.
Les mémoires d'un Ephialte

Et ils vécurent heureux pour toujours

On frappa à la porte. Le docteur Domeka leva les yeux sur l'horloge indiquant 15h17. Son patient était en avance de trois minutes. Il termina de griffonner quelques rapides notes sur son carnet avant de l'inviter à entrer. L'homme ouvrit, referma, puis vint s'asseoir sur la banquette, aussi droit et neutre qu'à l'ordinaire. Avec le temps le docteur Domeka commençait à connaître l'animal. Il savait interpréter ses silences, ses infimes mimiques. Être ici ne plaisait pas à son patient. Toutefois c'était là le prix de sa liberté. Un entretien par mois au minimum, sans quoi on le faisait interner. Le psychologue se leva à son tour puis s'installa dans son fauteuil, face à son patient qu'il détailla un moment du regard.
Il n'avait pas changé, et semblait même en forme. L'homme finit par s'adosser aux coussins de la banquette, une jambe croisée sur l'autre, ses bras croisés sur sa poitrine. Hostile Comme à chaque fois.
- C'est un plaisir de vous revoir monsieur Milos.
- Un plaisir partagé, docteur Domeka.

Le ton était posé, presque froid, sans être agressif. Pourtant l'homme de sciences savait que cela n'était que façade.
- Comment allez-vous Matthew ?
Le patient se raidit. Ses doigts commencèrent à pianoter nerveusement sur son biceps. Dans ses yeux sombres le médecin vit passer la désapprobation, la colère, l'agacement, et le désir de fuir.
- Je vous ai déjà dis de ne pas m'appeler ainsi.

***

- Tu ne veux pas me parler ?

L'enfant assit devant le docteur Domeka gardait les mains posées sur ses genoux. Ses jambes ne touchaient pas le sol. Il avait la tête basse et le regard éteint, la peau blafarde, ses lèvres sèches. Il semblait malade. Sa grand-mère l'emmenait tous les jours depuis qu'elle l'avait recueilli suite à la mort tragique de ses parents. L'enfant en restait traumatisé. Il refusait de parler, et même de s'alimenter. Ses nuits étaient hantées de cauchemars, si bien que de profondes cernes creusaient ses joues.
L'affaire avait été relatée par les médias. Un cambriolage qui avait mal tourné. Le délinquant, pensant visiter une maison vide, s'était retrouvé face à une famille. Il avait alors abattu les deux parents, mais n'avait pas touché à l'enfant du couple, présent au moment de la scène. Les voisins, alertés par les pleurs de l'enfant, avaient appelé la milice. Le drame suscita l'émotion pendant un temps avant de rejoindre les méandres de l'oubli et des faits divers. Les crimes de cette gravité étaient rares au sein de la colonie pourtant. Depuis, l'enfant vivait auprès de sa grand-mère. Hélas, il restait muet. Inquiète, elle le faisait suivre depuis par un psychologue de l'Institut, le docteur Domeka.
Malheureusement, même le docteur ne parvenait à rien. Plusieurs jours déjà que son jeune patient passait une heure en sa compagnie sans qu'il ne parle ou ne bouge, ni même ne sanglote. Le docteur Domeka commençait à envisager un suivi plus poussé.
- Matthew, est-ce que tu m'entends ?
L'enfant leva alors les yeux sur le médecin. Ils restaient vides, glacés. Il ouvrit la bouche, laissant enfin entendre le son de sa voix, toute douce et mélancolique.
- Il est mort.
- Qui est mort ?
- Matthew. Il est mort.

L'adulte se redressa, sourcils froncés. Il aurait voulu sourire pour rassurer ce petit garçon. Mais seule une question franchit ses lèvres.
- Qui es-tu alors ?
- Lies,
répondit l'enfant après un moment de silence.
Et dans le silence il replongea, pour des jours et des jours encore.

***

Le docteur Domeka recevait beaucoup de patients, principalement des enfants. Il prenait plaisir à démêler les troubles de ces derniers, de chasser leurs peurs et de répondre à leurs questions. A sa manière il jouait un rôle primordial dans le développement de ces jeunes êtres et les guidait sur le chemin adulte. Bien sûr, en tant que membre du corps soignant de l'Institut, il en voyait des cas. Des grands criminels, des fous, des pyromanes, des mythomanes, des pervers sexuels, tout ce que l'humanité pouvait engendrer de malsain et incontrôlable. Ceux-là, le docteur Domeka les laissait volontiers à ses collègues. Lui préférait de loin s'occuper des enfants. Leurs esprits regorgeaient d'une imagination sans la moindre limite. Cela le fascinait. Tant les limites de cet imaginaire que sa force.
Depuis peu toutefois, son nouveau patient accaparait toute son attention. Comment  un enfant pouvait détruire sa personnalité au profit d'une autre ? On le voyait chez certains adultes victimes de graves traumatismes. Ils s'inventaient cette nouvelle personnalité dans le but de se protéger des agressions extérieures. Cela allait parfois encore plus loin. Le docteur avait ainsi pu observer des cas de troubles de la personnalités fascinants. Il craignait que cela ne se produise chez son jeune patient, et ne savait encore s'il devait envisager un internement ou non. Toutefois, la grand-mère de l'enfant s'y opposait. Elle entrait dans une colère noire dès qu'il prononçait le mot « Institut ».
Pour le moment il ne pouvait que se contenter d'une simple observation. Peut être qu'avec le temps, son patient irait mieux.

***

- Pourquoi avoir choisi ce prénom ?
- Les raisons ne sont-elles pas évidentes, docteur ?
- J'aimerais vous l'entendre dire.


L'adolescent s'enfonça plus profondément entre les coussins de la banquette. Il connaissait cette pièce dans ses moindres détails. Il connaissait les réactions de son interlocuteur sur le bout des doigts. Le docteur Domeka se pencha pour attraper le petit râteau du jardin zen posé sur la table basse. Il prit le temps de redessiner les sillons dans le sable, en silence. Ce silence aussi Lies avait appris à le connaître et l'apprécier. C'était un jeu entre eux , à qui ferait céder l'autre. L'adolescent n'en démordrait pas. Il tenait son rôle, et plus les années passaient plus il atteignait la perfection. Un sourire ourla ses lèvres fines, l'espace d'un moment que le psychologue ne pu percevoir.

- Lies est voué à mourir, finit-il par répondre.

Domeka suspendit son geste, relevant les yeux vers son patient. Il prit le temps de le fixer, puis posa son râteau.

- Matthew reviendra-t-il à ce moment là ?
- Ne soyez pas naïf docteur.
- Savez-vous quand il, nous quittera ?
- Le moment venu. Rassurez-vous, il n'est pas prévu que d'autres que lui disparaissent. Lies est né seul, il mourra seul.


***

- Bonjour monsieur Milos. Vous semblez en forme.
- Vous de même docteur.


Ce n'était plus un adolescent, mais un jeune homme à présent, prêt à avancer dans la vie adulte. Il était souriant, jovial, il avait de la conversation. Qui d'autre que le docteur Domeka pouvait soupçonner ce qui se cachait derrière ce masque moulé à la perfection sur ce visage ?

- J'ai crû comprendre qu'un grand bouleversement traverse votre vie en ce moment.
- Ah oui ?
Il ne cachait pas sa surprise.
- Votre grand-mère a parlé d'une petite-amie.
- Oh ça …


Lies s'installa comme à son habitude, jambes et bras croisés, le regard impénétrable. Il semblait légèrement contrarié de ce sujet de conversation.

- Nous n'avons jamais parlé de votre vie amoureuse ou sexuelle.

La gêne manifestement visible sur le visage de son interlocuteur fit sourire le docteur.

- Il n'y a rien à en dire. Cette fille est amoureuse de moi, mais je ne vais pas donner suite à ses avances.
- Pourquoi cela ?
- Ce serait cruel de ma part de lui faire miroiter un bonheur que je vais lui arracher par la suite.
- Certaines personnes tombent amoureuses de personnes mourantes, mais décident de passer ce petit temps ensemble malgré tout.
- Ces personnes sont stupides. Il y a longtemps déjà que j'ai décidé que personne n'entrerait jamais dans ma vie.


***

- Cela fait combien d'années que nous nous voyons monsieur Milos ?
- Depuis que j'ai huit ans docteur. Cela va faire quinze ans, une de mes relations les plus longues,
répondit Lies non sans un sourire.
- C'est vrai oui. Quinze ans, et toujours pas la moindre amélioration. Chaque fois que j'ai l'impression d'approcher quelque chose vous me renvoyez dans les cordes.
- Il faut vous faire une raison docteur, certaines personnes ne sont pas faites pour être sauvées.
- Si vous le permettez, je vais continuer à essayer. J'aimerais tenter une nouvelle approche. Une séance au cœur de l'oneyrn. Toutefois, vu votre profil, j'ai peur de ce que cela peut provoquer.
- L'oneyrn ? C'est la machine à rêves de l'Institut ça non ?
- Oui monsieur Milos. Peut être que s'en servir sur vous nous permettra d'avancer. Seulement … Il est possible que vous préfériez ne jamais vous réveiller, que les conséquences sur votre personne soient désastreuses.


L'horloge sonna dix-sep heures, la fin de la séance. Lies se leva, prit ses affaires, un peu songeur. Lui-même n'était pas certain de vouloir utiliser cette machine. En fait, la vraie question était de savoir s'il voulait « guérir ». Puis finalement il secoua la tête.

- C'est un risque qu'il vous incombe de mesurer docteur. Après tout, qu'est-ce que la réalité a à offrir de plus que le rêve ?

Sur ces mots, l'homme sortit du cabinet et referma doucement la porte derrière lui.
Pseudo habituel :  J'en ai tellement ! Appelez moi Lies, ça ira très bien.
Âge : Entre 7 et 77 ans, à la louche.
Un premier avis sur le forum ? Il est ma-gni-faï-que ma chéwie !
Une requête ?Plus de boobs, encore plus de boobs !
« La réalité, qu'a-t-elle de plus à offrir que le rêve ? »

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MessageSujet: Re: La vie est une partie de roulette russeJeu 7 Aoû 2014 - 11:03

Tu es des nôtres !

Bravo, tu es validé ! Ce fut une fiche rapide qui ne comporte aucune erreur apparente ! On souhaite fort à Lies de se trouver une nouvelle raison de vivre. Comme tu es validé avant dimanche, tu as même le droit de proposer un rêve solide ! Bon jeu sur EPHIALT-9 !

Maintenant tu peux faire aller réserver ton avatar dans le bottin) pour qu'il n'appartienne qu'à toi, puis aller entretenir des liens avec les autres Ephialtes. N'hésite pas non plus à demander un RP. Puis tu peux aussi nous rejoindre au café du coin ou sur la chatbox ; et si tu as des questions, c'est toujours du côté du bar des voyageurs. Bon séjour parmi nous !


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